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Global Governance
reverdin.eu
Institution

Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat GIEC

Type
Organe scientifique intergouvernemental
Fondée
1988
Siège
Genève, Suisse
Site
Site officiel →

Mission

Le GIEC, créé en 1988 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), a le mandat de produire des évaluations scientifiques exhaustives sur l’état du changement climatique, ses causes, ses impacts et les trajectoires d’atténuation. Son rôle central dans la gouvernance climatique mondiale consiste à fournir aux gouvernements, notamment dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC), une base factuelle et impartiale pour les négociations et politiques climatiques.

Le GIEC ne conduit pas de recherches originales, mais synthétise l’état des connaissances scientifiques existantes à travers un processus rigoureux d’évaluation par les pairs. Ses rapports d’évaluation servent de fondement aux traités climatiques majeurs, dont l’Accord de Paris (2015). Depuis le sixième rapport d’évaluation (AR6, 2023), le GIEC participe activement aux négociations de la Conférence des Parties (COP), où ses résultats scientifiques deviennent directement des éléments de consensus politique et de programmation financière climatique mondiale.

Le septième rapport d’évaluation (AR7, 2023-2028) élargit le mandat du GIEC en répondant à des demandes nouvelles des gouvernements : évaluation économique des dégâts irréversibles (loss and damage), intégration des technologies émergeantes (hydrogène, capture carbone), et articulation avec les mécanismes de marché de l’Accord de Paris.

Gouvernance

Le GIEC repose sur une structure tripartite: le Plénum rassemble 195 États membres dont chacun dispose d’une voix et approuve formellement tous les rapports ligne par ligne; le Bureau, composé de 34 membres élus pour cinq ans et présidé depuis 2023 par Jim Skea (Royaume-Uni), supervise l’organisation scientifique; trois groupes de travail thématiques gérés par des présidents (Masson-Delmotte pour les bases physiques, Pörtner pour les impacts, Shukla pour l’atténuation) pilotent la production de rapports avec environ 1000 auteurs scientifiques volontaires par cycle. Un secrétariat basé à Genève (UNEP/WMO) administre les opérations avec un budget annuel d’environ 10-12 millions d’euros financé par contributions gouvernementales volontaires.

Le processus d’approbation des rapports représente le mécanisme de gouvernance critique: les manuscrits subissent deux à trois cycles de révision par des pairs scientifiques et des experts gouvernementaux, suivi d’une approbation au Plénum où les gouvernements négocient phrase par phrase la synthèse finale. Cette interaction entre consensus scientifique et validation gouvernementale fait du GIEC un organe hybride unique. Des débats actuels portent sur l’accélération de ce processus (7 ans par cycle) face à l’urgence climatique, l’augmentation de la représentation des pays en développement parmi les auteurs, et la parité de genre dans les structures de direction.

Dossiers clés

  • Septième Rapport d’Évaluation (AR7) 2023-2028 : Cycle d’évaluation complet lancé en 2023 avec production attendue en 2027-2028. Inclut trois rapports spécialisés et une synthèse finale. Enjeux: sélection et équilibre géographique des auteurs, accélération peer-review, réponse aux demandes gouvernementales sur technologies émergeantes et impacts économiques.
  • Loss and Damage et Finance Climatique : Formalisation COP27 (2022) de domaine nouvellement intégré au mandat GIEC. Demande fourniture données économiques sur dégâts irréversibles et financement pour adaptation. Articulation critique avec Fonds for Loss and Damage établi COP28 (2023).
  • Méthodologies Comptabilité Émissions (Task Force TFI) : Révision des 2006 Guidelines pour comptage émissions nationales utilisées mondialement. Harmonisation avec Article 6 (mécanismes marché Accord Paris). Enjeu de gouvernance: standardisation méthodologies carbone pour transparence et intégrité comptes gouvernementaux et corporatifs.
  • Transition Énergétique et Technologie Climat : Intégration AR7 de technologies de rupture (hydrogène vert, capture/stockage CO2, énergie nucléaire avancée) et modélisation IA. Réponse à demande États sur trajectoires net-zero et faisabilité technologique transition énergétique rapide.
  • Réformes de Gouvernance et Représentation : Débats 2024-2026 sur augmentation représentation pays en développement dans auteurs, parité genre (cible 50% femmes), décentralisation des Technical Support Units, et possibles déclarations scientifiques expedites entre cycles pour réactivité face urgence climatique.