Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida ONUSIDA
Mission
L’ONUSIDA est le programme des Nations Unies chargé de coordonner et catalyser la réponse mondiale à l’épidémie de VIH/sida. Créé en 1994 par résolution de l’ECOSOC et lancé en janvier 1996, il fonctionne comme le seul programme cosponsé conjointe du système onusien, unissant les efforts de 11 organisations: l’UNHCR, l’UNICEF, le PAM, le PNUD, l’UNFPA, l’ONUDC, ONU Femmes, l’OIT, l’UNESCO, l’OMS et la Banque mondiale. Son mandat principal est de fournir un leadership global dans la réponse à l’épidémie, de promouvoir un consensus mondial sur les approches politiques et programmatiques, et de renforcer la capacité du système onusien à surveiller les tendances et assurer la mise en œuvre de politiques appropriées.
L’ONUSIDA poursuit la vision stratégique de zéro nouvelles infections à VIH, zéro discrimination et zéro décès liés au sida. La Stratégie mondiale 2026-2031, adoptée par le conseil de programmation, propose 16 cibles principales organisées en six domaines prioritaires pour permettre d’éviter 3,3 millions de nouvelles infections et 1,4 million de décès liés au sida entre 2025 et 2030. Cette approche place les inégalités au cœur de la riposte, en donnant la priorité aux populations sans accès suffisant aux services essentiels de santé.
Le programme opère selon un nouveau modèle de transformation approuvé en juin 2025, qui affecte son empreinte opérationnelle dans 54 pays prioritaires couvrant 80 pour cent des personnes vivant avec le VIH et 71 pour cent des nouvelles infections. Cette réorientation reflète une évolution vers une plus grande coordination avec les cosponsors et les autorités nationales, répondant aux changements structurels du système onusien en 2025-2026.
Gouvernance
L’ONUSIDA est gouvernée par le Conseil de coordination du programme (PCB), structure unique caractérisée par son inclusivité élevée et sa composition restrictive. Le PCB se réunit deux fois par an et comprend 22 gouvernements représentant l’ensemble des régions géographiques, les organisations cosponsors (11 agences onusiennes et la Banque mondiale), et 5 représentants des organisations non gouvernementales, notamment des associations de personnes vivant avec le VIH. Pour 2026, le Conseil est présidé par les Pays-Bas, avec les Philippines comme vice-présidents et le Kenya comme rapporteur. Le Directeur exécutif, actuellement Winnie Byanyima, rend compte au conseil et dirige le Secrétariat.
Le budget annuel du Programme conjoint pour 2024-2025 a été fixé à 187 millions de dollars américains, avec un seuil maximal de 210 millions, couvrant l’ensemble des cosponsors et du Secrétariat. Cependant, le programme fait face à une crise de financement significative depuis 2025, aggravée par les réductions budgétaires des donateurs internationaux, notamment la suspension temporaire du financement américain pour l’aide extérieure. Cette tension financière influe directement sur la capacité du PCB à approuver et mettre en œuvre les plans de travail annuels, contraignant le conseil à des ajustements stratégiques prioritaires sur la période 2025-2027.
Dossiers clés
- Stratégie mondiale 2026-2031 et objectifs 2030 : Adoption en 2025 de la nouvelle Stratégie mondiale pour 2026-2031 visant zéro nouvelles infections et zéro décès liés au sida d’ici 2030. Le PCB a fixé 16 cibles principales et 50 secondaires pour atteindre une réduction de 90 pour cent des nouvelles infections et décès par rapport à 2010, reposant sur l’accès au traitement antirétroviral, aux options de prévention efficaces, et la suppression des obstacles structurels et législatifs.
- Crise de financement et coupes budgétaires 2025-2026 : Crise majeure de financement depuis 2025 due aux réductions d’aide au développement des donateurs internationaux, en particulier la suspension du financement américain en janvier 2025 et les suppressions annoncées de crédits alloués aux programmes santé globale. Cette situation menace plusieurs décennies de progrès dans la riposte au VIH et affecte directement les pays les plus touchés par l’épidémie, contraignant l’ONUSIDA à revoir ses allocations budgétaires par pays.
- Transformation institutionnelle et proposition UN80 : Tension entre deux trajectoires institutionnelles: le Secrétaire général propose un démantèlement de l’ONUSIDA d’ici fin 2026 dans le cadre de la réforme UN80; le PCB a approuvé en juin 2025 un plan de transformation en deux phases avec réduction de 55 pour cent du personnel du Secrétariat et consolidation de la présence de pays, phase deux prévue en 2027 avec révision du mandat par l’ECOSOC.
- Réduction de l’empreinte opérationnelle et recentrage géographique : Phase un de la transformation (2025-2026) inclut la consolidation de la présence de pays de 85 à 54 nations prioritaires, avec présence légère dans 40 pays supplémentaires, ciblant les zones où résident 80 pour cent des personnes vivant avec le VIH et 71 pour cent des nouvelles infections, répondant à une efficacité accrue des réponses nationales.
- Réunion ministérielle de haut niveau sur le VIH en juin 2026 : Organisation prévue d’une réunion de haut niveau pour obtenir le consensus des États membres sur les objectifs de 2030 en matière de VIH, servant de plateforme pour renforcer les engagements politiques et mobiliser des ressources supplémentaires pour la riposte mondiale, en parallèle avec la mise en œuvre du nouveau modèle de fonctionnement.