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Global Governance
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Institution

Fonds pour la prévention des pandémies PF

Type
Mécanisme financier
Fondée
2022
Siège
Washington D.C., États-Unis
Site
Site officiel →

Mission

Le Fonds pour la prévention des pandémies (Pandemic Fund) est le premier mécanisme de financement multilatéral entièrement dédié au renforcement des capacités critiques de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies (PPR) à l’échelle locale, régionale et mondiale. Établi en 2022 par l’approbation de la Banque mondiale le 30 juin, puis formellement lancé par les pays du G20 en novembre 2022, le Fonds opère comme un Fonds fiduciaire intermédiaire (FIF) hébergé par la Banque mondiale. Le Fonds concentre ses investissements sur les pays à revenus faibles et intermédiaires, mobilisant un financement supplémentaire, pluriannuel et prévisible pour combler les lacunes critiques en matière de prévention et de préparation aux pandémies.

Le mandat du Fonds s’articule autour de trois domaines prioritaires : les systèmes de surveillance, les capacités de laboratoire, et le développement des ressources humaines. Dans une approche intégrée « Une Seule Santé », le Fonds soutient le renforcement de la coordination multisectorielle pour la détection des zoonoses, la résistance aux antimicrobiens (RAM), et le dépistage des agents pathogènes à potentiel pandémique. Le Fonds fonctionne également comme catalyseur de ressources additionnelles, ses allocations de subventions génèrant un effet de levier : les trois premiers cycles de financement (2023-2025) ont distribué 1,4 milliard de dollars en subventions, déclenchant plus de 10 milliards de dollars en financement supplémentaire provenant de sources nationales et internationales.

Au niveau institutionnel, le Fonds s’inscrit dans l’écosystème de gouvernance sanitaire mondiale en tant que partenaire du Mécanisme mondial de prévention, de préparation et de riposte (SPH) de l’OMS, et ses opérations s’alignent sur les priorités définies par l’Accord pandémique négocié sous l’égide de l’OMS depuis 2022. Avec un portefeuille de 11,5 milliards de dollars couvrant 128 pays en six régions géographiques au février 2026, le Fonds représente un engagement sans précédent des acteurs publics et privés mondiaux vers la prévention des futures pandémies.

Gouvernance

Le Fonds pour la prévention des pandémies est régi par une architecture de gouvernance pluripartite. L’organe décisionnel central est le Conseil de gouvernance, composé de 21 membres votants reflétant un équilibre égal entre les contributeurs souverains (pays donateurs) et les co-investisseurs souverains (pays éligibles aux financements). Le Conseil comprend également un siège de vote pour les contributeurs non-souverains (fondations et organisations philanthropiques) et deux sièges de vote réservés aux organisations de la société civile. Le Conseil est coprésidé par Dr Chatib Basri, ancien ministre des Finances d’Indonésie, et Sabin Nsanzimana, ministre de la Santé du Rwanda. Les structures d’appui incluent un Secrétariat hébergé par la Banque mondiale, un Panneau consultatif technique (PCT) présidé par l’OMS, et la Banque mondiale exerçant la fonction de fiduciaire.

Au février 2026, le Fonds a mobilisé des contributions de 27 entités souveraines et trois fondations (dont la Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation Rockefeller et Wellcome Trust), pour un capital initial de 2 milliards de dollars. Les contributeurs incluent l’Australie, l’Autriche, le Canada, la Chine, la Commision européenne, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, la Corée, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, Singapour, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Suisse, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et les États-Unis. La Banque mondiale gère le processus d’approbation des subventions selon des critères définis par le Conseil, et les décisions de financement reflètent les priorités nationales identifiées par les pays demandeurs via des processus consultatifs régionaux et mondiaux.

Dossiers clés

  • Cycles de financement et mobilisation de ressources (2023-2026) : Le Fonds a alloué 1,4 milliard de dollars en subventions sur quatre cycles : 338 millions en 2023 (37 pays), 547 millions en 2024 (40 pays), 500 millions en 2025 (20 pays), et jusqu’à 244 millions disponibles en 2026. Ces allocations catalysent plus de 10 milliards de financement additionnel de sources nationales et internationales, constituant un levier majeur dans l’architecture de financement sanitaire mondial.
  • Alignement avec l’Accord pandémique de l’OMS : Le Fonds s’inscrit comme instrument financier clé de mise en œuvre de l’Accord de l’OMS négocié depuis 2022, notamment pour le financement de la prévention et de la préparation aux pandémies aux niveaux national et régional. Des déclarations du Conseil de gouvernance (février et avril 2024) ont précisé le rôle du Fonds dans l’architecture de réponse sanitaire mondiale post-accord.
  • Approche Une Seule Santé et surveillance intégrée : Le Fonds finance des projets combinant surveillance des zoonoses, détection de la résistance aux antimicrobiens, renforcement des laboratoires, et coordination multisectorielle. En 2024-2025, des projets actifs en Géorgie, Sénégal et Asie centrale illustrent l’intégration des domaines vétérinaire, agricole et environnemental dans la surveillance des menaces pandémiques.
  • Renforcement des capacités de laboratoire et de surveillance génomique : Le Fonds investit dans l’infrastructure de détection précoce des agents pathogènes à potentiel pandémique, notamment via le séquençage génomique et les systèmes d’alerte précoce. Les activités couvrent la surveillance des maladies d’origine alimentaire, hydrique et vectorielle, ainsi que les systèmes de surveillance communautaire et environnementale dans 128 pays.
  • Développement des ressources humaines en santé publique : Composante transversale du Fonds visant à former et maintenir les effectifs de santé publique nécessaires à la surveillance épidémiologique, au diagnostic et à la riposte. Les formations portent sur l’épidémiologie, la microbiologie, la bioinformatique et la coordination multisectorielle dans un cadre pandémique.