GG
Global Governance
reverdin.eu
Institution

Programme REDD+ REDD+

Type
Mécanisme de la CCNUCC
Fondée
2007
Siège
Bonn, Allemagne
Site
Site officiel →

Mission

Le Programme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) est un mécanisme de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) établi lors de la COP13 à Bali en 2007. Son objectif central est de créer des incitations économiques pour les pays en développement à conserver et restaurer leurs forêts, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre associées à la déforestation et la dégradation forestière. REDD+ représente une approche basée sur les résultats où les pays reçoivent un financement climatique proportionnel à la réduction vérifiée de leurs émissions forestières.

Le mandat de REDD+ s’inscrit dans l’architecture globale de l’atténuation du changement climatique, reconnaissant que les forêts des pays en développement constituent un puits de carbone critique. Le mécanisme opère selon le principe « pas de paiement sans résultats mesurables », reposant sur des systèmes de suivi et de notification des émissions forestières. REDD+ est également connecté aux négociations sur le marché carbone international (Article 6 de l’Accord de Paris) et sert de levier pour l’adaptation climatique locale, notamment par les bénéfices co-générés en biodiversité et moyens de subsistance des populations forestières.

Gouvernance

REDD+ fonctionne selon une structure décentralisée pilotée par les Parties à la CCNUCC, sans organe institutionnel autonome à Bonn. Les décisions sur le programme sont prises via la Conférence des Parties (COP), avec des orientations spécifiques adoptées aux COP13, 19, 24 et 26. Un groupe de travail technique (Subsidiary Body for Scientific and Technological Advice - SBSTA) supervise les méthodologies de suivi, vérification et rapportage (MRV). Le financement de REDD+ provient de multiples sources : fonds bilatéraux (Allemagne, Royaume-Uni, Norvège), Fonds vert pour le climat, Banque mondiale (Forest Carbon Partnership Facility et Forest Investment Program), avec un volume annuel estimé entre 1-3 milliards USD selon les années. La gouvernance reste déconcentrée : les pays implémentent leurs propres stratégies nationales dans le cadre de critères convenus, avec une flexibilité méthodologique au sein de normes communes.

Dossiers clés

  • Article 6 et marchés carbone — lien REDD+ aux mécanismes d’échange : Intégration de REDD+ dans l’Article 6 de l’Accord de Paris (mécanismes coopératifs de marché carbone). Les négociations 2024-2025 clarifient comment les crédits carbone forestiers peuvent être échangés entre pays, créant des flux financiers additionnels. Enjeu clé : définition de l’additivité, intégrité environnementale et risque de double-comptage.
  • Financement climatique et architecture post-Glasgow : Mobilisation insuffisante des promesses de financement REDD+ (COP26, Glasgow 2021 : objectif 5 milliards USD atteint partiellement). Négociations 2024-2026 sur le financement pour la perte et les dégâts (Loss and Damage Fund) et son articulation avec REDD+ comme solution d’atténuation. Pression croissante des pays bénéficiaires pour augmenter l’accès direct aux fonds.
  • Safeguards et droits des peuples autochtones : Obligation de respecter les droits fonciers, cultures et consentement libre, informé et préalable (CLIP) des peuples autochtones gestionnaires de 80% des forêts mondiales. Débat 2024-2026 sur l’opérationnalisation des garanties sociales (safeguards information systems) et les mécanismes de dépôt de plaintes face aux violations.
  • Nature-based solutions et alignement avec biodiversité : Convergence croissante entre REDD+ et initiatives biodiversité (Cadre mondial pour la biodiversité, cibles 2030). Reconnaissance que la conservation forestière génère co-bénéfices en espèces menacées. Défi : harmoniser les critères de certification (VCS, GoldStandard, normes nationales) et éviter la fragmentation du marché.
  • Résistance et opérationnalisation dans les pays vulnérables : Difficultés d’implémentation dans les pays à capacité institutionnelle faible (Afrique de l’Ouest, Asie du Sud). Déploiement des systèmes MRV basés sur satellite et données géospatiales, formation des autorités nationales. Taux d’abandon de projets REDD+ élevé faute de financement durable et de gouvernance forestière solide.