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Proposée Commerce & Investissement Priorité 3/5

Cadre multilatéral pour les matières premières critiques

Face à la concentration des chaînes d'approvisionnement en matières critiques (lithium, cobalt, terres rares), plusieurs initiatives cherchent à établir un cadre multilatéral de partage et de diversification.

Publié le 15/01/2025 · Institution référente : G7 / OMC

La transition énergétique et la numérisation de l’économie mondiale reposent sur un ensemble de matières premières dont la production est géographiquement très concentrée, créant des vulnérabilités stratégiques que les gouvernements ont été lents à anticiper. La pandémie, la guerre en Ukraine et les restrictions chinoises à l’export de gallium, germanium et graphite (2023-2024) ont imposé la question à l’agenda politique.

La carte des dépendances

Soixante pour cent de la production mondiale de cobalt provient de la République démocratique du Congo, exploitée en grande partie par des entreprises chinoises. La Chine contrôle 85 % du raffinage des terres rares mondiales et 60 % de la production de graphite, composant essentiel des anodes de batteries lithium-ion. Le lithium est concentré dans le “triangle du lithium” (Chili, Argentine, Bolivie — 58 % des réserves mondiales), mais la Chine domine là aussi le raffinage. Ces monopoles de raffinage sont souvent plus stratégiques que les monopoles miniers.

Initiatives en cours

Le Minerals Security Partnership (MSP), lancé par les États-Unis en 2022 avec 14 partenaires alliés, coordonne les investissements dans la diversification des approvisionnements. Son budget et sa gouvernance restent informels. L’UE a adopté le Critical Raw Materials Act (2024) fixant des objectifs de diversification (pas plus de 65 % d’un matériau critique provenant d’un seul pays tiers à horizon 2030) et développe des partenariats avec la Namibie, le Canada, le Kazakhstan et l’Australie. Le G7 a lancé le Partenariat pour l’infrastructure et l’investissement global (PGII) avec une composante matières critiques de 600 milliards de dollars sur cinq ans.

Vers un cadre OMC ?

La proposition de créer un mécanisme OMC sur les restrictions à l’export de matières critiques circule depuis les restrictions chinoises de 2010 sur les terres rares (condamnées par l’OA en 2014). Un accord sur les taxes et restrictions à l’export, couvrant explicitement les matières critiques, est discuté dans les couloirs mais se heurte à l’opposition des pays producteurs qui y voient une atteinte à leur souveraineté sur leurs ressources naturelles.

La Commission européenne plaide pour l’extension des disciplines OMC sur les restrictions à l’export, en s’appuyant sur la jurisprudence existante. L’enjeu financier est massif : selon l’AIE, la demande de lithium devrait être multipliée par 40 d’ici 2040 dans un scénario de transition énergétique rapide.