Deuxième Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies A/C.2
Mission
La Deuxième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies (A/C.2) traite des questions économiques et financières internationales selon sa mandature établie par la Charte des Nations Unies. Elle examine les enjeux de développement économique, de commerce international, de financement du développement et de coopération économique entre États membres. La Commission constitue l’organe principal par lequel l’Assemblée générale coordonne les positions des États sur les politiques macroéconomiques mondiales et les réponses collectives aux crises économiques.
En tant que forum permanent de négociation multilatérale, l’A/C.2 joue un rôle décisif dans la formation du consensus international sur les priorités de développement durable et l’architecture du financement global. Elle accueille les délégations de 193 États membres et les représentants des agences spécialisées de l’ONU, permettant aux pays en développement de contrebalancer les positions des grandes puissances économiques et des institutions financières internationales. Ses résolutions servent de directives aux organismes de Bretton Woods et aux programmes de développement des Nations Unies.
La Commission opère selon les règles de procédure de l’Assemblée générale et fonctionne en sessions annuelles parallèlement aux sessions générales de l’AGNU. Ses travaux débouchent sur des résolutions et des décisions qui alimentent l’ordre du jour global en matière de politique économique, de résilience climatique et de transition vers une économie inclusive.
Gouvernance
L’A/C.2 est composée de tous les 193 États membres de l’ONU, chacun disposant d’une voix égale selon le principe « un État, une voix ». Elle est dirigée par un Bureau composé d’un Président, de deux Vice-présidents et d’un Rapporteur, élus pour une session annuelle. Ses travaux sont répartis entre six grandes commissions thématiques chargées de préparer les projets de résolution : Développement économique, Commerce international et développement, Commerce et financement, Financement du développement, Questions macroéconomiques, et Questions relatives à la pauvreté.
La Commission tient environ 60 à 80 séances par session annuelle, avec des débats généraux, des auditions et des négociations informelles entre groupes régionaux (Groupe des 77 et Chine, pays développés, petits États insulaires, etc.). Ses décisions requièrent une majorité simple ou, pour certains textes, une majorité des deux tiers. Le budget de fonctionnement de la Commission provient du budget ordinaire de l’ONU, géré par le Secrétariat de l’Assemblée générale. Les travaux sont soutenus par le Département des affaires économiques et sociales (DAES) et des experts économiques des agences spécialisées de l’ONU.
Dossiers clés
- Financement du développement et architecture de la dette : Restructuration des cadres de financement pour les pays en développement face aux crises de la dette, aux changements climatiques et à la stagnation des flux d’aide publique au développement. La Commission débat des réformes du système de Bretton Woods et des mécanismes innovants (obligations climatiques, taxes internationales) pour mobiliser les capitaux vers les objectifs de développement durable.
- Transition énergétique et économie verte : Articulation des politiques économiques nationales avec les impératifs climatiques et la transition vers les énergies renouvelables. Les débats portent sur le financement climatique, les justes transitions pour les économies de rentes énergétiques, et les effets des sanctions commerciales sur la trajectoire carbone.
- Fragmentation économique et multilatéralisme commercial : Réactions des pays en développement à la fragmentation accélérée des chaînes d’approvisionnement, aux blocs commerciaux régionaux et à la marginalisation de l’OMC. La Commission analyse les risques de balkanisation économique pour les économies les moins avancées et les stratégies de diversification.
- Inflation et politique monétaire mondiale : Examen des politiques des banques centrales des économies développées et leurs impacts récessifs sur les pays du Sud global : hausse des taux d’intérêt, appréciation du dollar, fuite de capitaux. Débats sur les mécanismes de stabilisation et les obligations de coordination macroéconomique.
- Commerce numérique et fiscalité internationale : Négociation des cadres de taxation des géants technologiques et des transactions numériques, notamment la Pilier 2 de l’OCDE. Enjeu majeur de redistribution fiscale et de souveraineté fiscale pour les pays en développement face aux asymétries du commerce électronique.