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Global Governance
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Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes CELAC

Type
Organisation régionale
Founded
2011
Headquarters
Caracas, Venezuela
Website
Official website →

Mission

La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), créée en décembre 2011, constitue un espace de concertation et d’intégration régionale rassemblant 33 États d’Amérique latine et des Caraïbes, excluant délibérément le Canada et les États-Unis. Fondée par le Sommet de Caracas et établie par le Traité constitutif de 2011, la CELAC remplace l’ancienne Rio Group et se positionne comme le principal forum de dialogue politique régional, dédié à promouvoir l’autonomie stratégique latino-américaine et la coopération Sud-Sud.

Le mandat légal de la CELAC repose sur quatre piliers : le renforcement de l’unité et l’identité régionale ; l’approfondissement du dialogue politique et de la concertation ; le développement social durable et l’équité ; et l’intégration économique. L’organisation opère comme plateforme de coordination régionale sur des enjeux d’envergure mondiale — changement climatique, commerce, sécurité, droits humains — en articulant des positions régionales unifiées et en promouvant les intérêts collectifs latino-américains auprès des Nations unies et d’autres institutions internationales.

Dans l’architecture de la gouvernance mondiale, la CELAC joue un rôle de contrepoids régional face à l’unilatéralisme, favorisant l’autonomie politique latino-américaine et le dialogue multilatéral horizontal. Elle sert de cadre où les nations de taille variable peuvent négocier collectivement, renforçant leur poids dans les négociations internationales et garantissant que les enjeux régionaux — inégalités, migration, dette externe, dépendance énergétique — demeurent au cœur de l’agenda multilatéral.

Gouvernance

La CELAC regroupe 33 États membres : les 20 États d’Amérique du Sud (Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Équateur, Guyana, Paraguay, Pérou, Surinam, Uruguay, Venezuela, ainsi que les Guyanes), 12 États des Caraïbes (Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, République dominicaine, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines) et Cuba. L’organe suprême est le Sommet de Chefs d’État et de gouvernement, réuni annuellement et rotating la présidence pro tempore parmi les États membres. Le Conseil ministériel assure la continuité entre sommets et gère la mise en œuvre des décisions, tandis qu’un Secrétariat exécutif, siégé initialement à Caracas, coordonne les activités institutionnelles.

La prise de décision fonctionne par consensus lorsqu’il est possible, avec un système de votes pondérés pour les questions substantielles. Le fonctionnement repose sur des mécanismes de consultation permanente et sur des groupes de travail thématiques couvrant commerce, politiques sociales, environnement, et sécurité régionale. Le budget opérationnel, modeste comparé aux institutions multilatérales majeures, provient de contributions volontaires des États membres et de sources externes ; l’absence de ressources institutionnelles stables constitue une vulnérabilité structurelle limitant l’ampleur de l’agenda régional et la permanence des initiatives.

Dossiers clés

  • Intégration économique et autonomie commerciale : Promotion d’une stratégie de commerce Sud-Sud et réduction de la dépendance envers les marchés du Nord. Négociations sur l’harmonisation réglementaire, les chaînes de valeur régionales, et la monnaie commune proposée (Sucre), confrontées aux divergences de politiques économiques entre États et aux tensions commerciales bilatérales (Brésil-Argentine notamment).
  • Changement climatique et transition énergétique : Coordination régionale pour les négociations climatiques internationales (COP), portage collectif des demandes d’aide climatique, et transition vers les énergies renouvelables. Tensions entre producteurs pétroliers (Brésil, Colombie, Pérou) et objectifs de décarbonation, ainsi que vulnérabilité des petites îles aux catastrophes climatiques.
  • Migration, sécurité et criminalité transfrontalière : Gestion du phénomène de migration continentale (flux Sud-Nord), trafic de drogue, criminalité organisée, et piraterie dans les Caraïbes. Fragmentation des réponses nationales et absence de cadre régional cohérent pour la sécurité, malgré les efforts de coordination via la CELAC.
  • Stabilité politique et respect des institutions démocratiques : Crises politiques récurrentes affectant la légitimité régionale : tensions au Venezuela (reconnaissance de gouvernement concurrent), instabilité en Haïti et Bolivie, et coups d’État ou changements constitutionnels. La CELAC peine à exécuter un plaidoyer efficace pour les normes démocratiques sans paraître ingérence.
  • Revendication d’une voix unifiée sur la scène mondiale : Positionnement collectif sur la guerre en Ukraine, relations avec la Chine et les États-Unis, réforme du système des Nations unies, et participation aux négociations commerciales multilatérales. Divergences idéologiques et géopolitiques entre États progressistes, conservateurs, et alignés sinophiles compliquent l’émergence d’une position régionale unifiée.