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Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine CPS

Type
Organe régional de sécurité
Founded
2004
Headquarters
Addis-Abeba, Éthiopie
Website
Official website →

Mission

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine est l’organe permanent de prise de décision de l’UA spécialisé dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits armés et des crises humanitaires en Afrique. Créé en 2004 par le Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité, il remplace le Mécanisme central de l’OUA en incarnant l’engagement du continent vers l’intervention proactive plutôt que réactive face aux menaces à la paix.

Le CPS opère selon le principe de non-indifférence de l’UA, autorisant les interventions militaires régionales, les missions de stabilisation et les enquêtes indépendantes sans consentement préalable de l’État défaillant, distinguant l’approche africaine des protocoles onusiens traditionnels. Son mandat couvre les conflits interstate, les crises civiles, les menaces terroristes transfrontalières et les crises humanitaires aigues, avec capacité de saisine automatique en cas de génocide ou crimes contre l’humanité.

Le Conseil fonctionne comme plateforme de dialogue régional et de coordination des réponses africaines, interface avec les organisations régionales (CEDEAO, IGAD, SADC, etc.) et point d’ancrage pour la diplomatie multilatérale sur les enjeux africains de sécurité. Son effectiveness dépend de la cohésion politique des États membres et de la capacité opérationnelle à transformer les résolutions en interventions coordonnées sur le terrain.

Gouvernance

Le Conseil de paix et de sécurité comprend 15 États membres élus par l’Assemblée de l’UA pour trois ans, répartis par région : 5 sièges pour l’Afrique de l’Ouest, 4 pour l’Afrique de l’Est, 2 pour l’Afrique du Nord, 2 pour l’Afrique centrale et 2 pour l’Afrique australe. Dix sièges sont permanents pour assurer la continuité, cinq étant électifs et renouvelés annuellement par tiers. Le CPS est doté d’une présidence tournante mensuelle, d’un Comité d’État-major composé de chefs d’état-major ou représentants militaires des 15 États, et d’un Secrétariat basé à Addis-Abeba relevant du Commissariat de l’UA.

La prise de décision requiert l’unanimité pour les questions substantielles (interventions, sanctions, mandats opérationnels) et la majorité simple pour les questions de procédure. Le Conseil est soutenu par la Commission de l’UA, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) et un réseau de représentants permanents des États membres. Le budget opérationnel provient du fonds de paix de l’UA (financé par contributions volontaires et prélèvement sur le budget général) ainsi que de contributions ad hoc pour les missions de maintien de la paix, avec un sous-financement chronique limitant l’envergure des déploiements.

Dossiers clés

  • Crise soudanaise et déploiement régional UNISFA : Depuis avril 2023, le conflit au Soudan entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) mobilise le CPS dans la coordination de la mission UNISFA et du suivi humanitaire régional. Le Conseil a autorisé l’envoi de personnel militaire d’observation et pression diplomatique pour cessez-le-feu, face à un blocage onusien et à des enjeux géopolitiques complexes impliquant Égypte, Arabie Saoudite et Russie.
  • Stabilisation du Sahel et lutte antiterroriste (Mali, Burkina Faso, Niger) : Le CPS supervise les missions de soutien au Sahel (MISAHEL) et coordonne les réponses africaines face aux groupes jihadistes du G5 Sahel. Depuis 2020, les coups militaires au Mali et Burkina Faso ont compliqué le cadre régional; le Conseil doit arbitrer entre suspensions à l’UA et dialogue inclusif pour maintenir la légitimité africaine contre l’extrémisme.
  • Réforme institutionnelle et financing des opérations de paix : Le CPS débat depuis 2019 de l’autonomisation du financement des missions africaines de maintien de la paix, visant à réduire la dépendance aux bailleurs externes et accroître la souveraineté opérationnelle. Les discussions incluent la création d’un fonds dédié à 800 millions USD annuels et la clarification des mandats au-delà des modèles onusiens.
  • Crise éthiopienne post-conflit et intégration régionale : Après l’accord de paix en novembre 2022 entre le gouvernement éthiopien et le TPLF, le CPS accompagne la transition et la reconstruction, tout en surveillant les risques résiduels dans la Corne de l’Afrique. Le Conseil teste sa capacité de médiation post-conflit et de stabilisation économique parallèle.
  • Résilience démocratique et prévention des coups d’État : Le CPS fait face à une vague de coups militaires (Mali 2020-2021, Burkina Faso 2022, Niger 2023, Guinée 2021) questionnant son mandat préventif. Les débats portent sur l’articulation entre diplomatie dissuasive, sanctions UA et accompagnement des transitions légales pour restaurer la légitimité institutionnelle.