Partenariats pour une transition énergétique juste JETP
Mission
La JETP est un mécanisme de coopération financière créé en 2021 pour faciliter la transition énergétique équitable des économies émergentes et en développement vers des systèmes énergétiques bas-carbone. Elle s’inscrit dans le cadre de l’Accord de Paris et vise à aider les pays partenaires à réaliser les objectifs de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) tout en prévenant les émissions de gaz à effet de serre significatives liées à l’énergie. Les partenariats JETP mobilisent des financements conjoints de pays développés et d’institutions multilatérales pour soutenir des investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et la transition des secteurs carbonés.
Le modèle JETP repose sur des accords bilatéraux ou multilatéraux négociés entre un pays bénéficiaire et un groupe de donateurs (pays du G7, pays européens, institutions financières). Chaque partenariat est adapté aux spécificités nationales et aux besoins de décarbonation du pays concerné. Les ressources mobilisées incluent des dons, des prêts concessionnels et des instruments de financement innovants destinés à démultiplier les investissements privés dans la transition énergétique.
Depuis son lancement avec l’Afrique du Sud en 2021, la JETP s’est étendue à plusieurs pays : l’Indonésie (2022), le Viêtnam (2022), le Sénégal (2023) et d’autres économies émergentes. Cette initiative répond à l’impératif d’accélérer la décarbonation mondiale tout en soutenant une transition juste qui préserve les moyens de subsistance et minimise les perturbations socio-économiques dans les pays dépendants du charbon et des hydrocarbures.
Gouvernance
La JETP n’est pas une institution permanente mais plutôt un cadre d’accords ponctuels. Chaque partenariat JETP comprend une structure de gouvernance propre avec un comité de pilotage réunissant les représentants des pays donateurs (France, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Commission européenne et autres) et du pays bénéficiaire. Les décisions sont généralement prises par consensus au sein de ce comité de pilotage, qui supervise la mise en œuvre des programmes de financement et l’allocation des ressources.
Les institutions multilatérales de développement (Banque mondiale, banques régionales de développement, institutions de financement du climat) jouent un rôle central dans la structuration des financements et le suivi technique des projets. Le secrétariat et les fonctions de coordination sont assurés par les acteurs institutionnels impliqués. À titre d’exemple, le partenariat sud-africain initial (8,5 milliards de dollars à COP26) a mobilisé la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne, tandis que l’Indonésie a bénéficié d’un accord de 20 milliards de dollars (novembre 2022) avec tous les pays du G7 plus le Danemark et la Norvège.
Dossiers clés
- Partenariat Afrique du Sud - Financement et mise en œuvre : Accord de 8,5 milliards de dollars lancé à COP26 (2021) avec la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’UE. Objectif : accompagner la transition du secteur électrique sud-africain dépendant du charbon vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
- Partenariat Indonésie - Mobilisation des financements et défis de mise en œuvre : Accord de 20 milliards de dollars annoncé en novembre 2022 au sommet du G20. Vise à décélérer la dépendance aux énergies fossiles en Indonésie. Les progrès de mise en œuvre demeurent lents avec des questions persistantes sur la réalisation des objectifs décarbonés au rythme prévu.
- Expansion du modèle JETP - Viêtnam et Sénégal : Partenariats annoncés respectivement en décembre 2022 (Viêtnam) et juin 2023 (Sénégal). Démontrent la réplication du modèle JETP au-delà de l’Afrique du Sud initiale, étendant le mécanisme à d’autres régions et économies émergentes prioritaires pour la décarbonation.
- Suffisance des financements et adéquation des objectifs : Débat continu (2024-2025) sur l’insuffisance potentielle des ressources allouées face aux ampleurs des transitions énergétiques requises. Des questionnements subsistent sur la capacité des montants mobilisés à atteindre les objectifs climatiques nationaux et sectoriels fixés.
- Gouvernance multi-acteurs et rôle des institutions multilatérales : Coordination entre donateurs bilatéraux, institutions financières multilatérales et gouvernements bénéficiaires. Les banques de développement assurent l’architecture financière et le suivi technique, tandis que les comités de pilotage tranchent sur l’allocation des ressources et l’ajustement des priorités stratégiques.